Syrie : Le régime ne veut rien entendre
Mardi 22 novembre, la commission des droits de l’Homme de l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté une résolution visant une nouvelle fois le régime syrien. Une manière de condamner la dureté des hommes du président en place, ainsi que la répression sanglante qui se poursuit inlassablement dans le pays et plus précisément “les exécutions arbitraires et l’usage excessif de la force contre les manifestants”. L’ONU “appelle les autorités syriennes à immédiatement cesser toutes les violations des droits de l’Homme” signale Le Monde. Si ce rappel à l’ordre est vivement soutenu en particulier dans les pays arabes, ce n’est pas le cas partout sur le globe : la Russie et la Chine, campent toujours sur leurs positions initiales en refusant le vote de sanctions à l’égard de la Syrie.
Alain Juppé a quant à lui confirmé la position de la France, favorable à cette condamnation : “Ce vote illustre la forte mobilisation de la communauté internationale pour condamner ces violations graves et persistantes des droits de l’Homme commises par le régime syrien, pour demander l’arrêt immédiat des violences à l’encontre des civils, pour appeler la Syrie à laisser la commission d’enquête mise en place par le conseil des droits de l’Homme faire son travail sur le terrain” a déclaré le ministre des Affaires Etrangères avant d’ajouter : “La France appelle avec force le régime syrien à entendre le message de l’ONU et à en tirer sans délai toutes les conséquences. Cet après-midi la France a reconnu le Conseil national syrien comme “interlocuteur légitime”, après une rencontre entre Burhan Ghalioun, président du CNS et Alain Juppé qui a examiné la possibilité d’installer en Syrie des “corridors humanitaires”, rappelle Le Nouvel Obs : “Les corridors humanitaires, c’est un point que nous avons examiné et je demanderai à la prochaine réunion du conseil des ministres européens de mettre ce point à l’ordre du jour”.
Même prise de position pour le ministre des Affaires Etrangères britannique, William Hague, qui note un “signal d’unité dans la condamnation des violations systématiques des droits de l’homme par le régime syrien”. La chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton a de son côté accentué un peu plus la pression sur le régime en exprimant “sa profonde préoccupation concernant la détérioration de la situation en Syrie”, réitérant “le soutien sans faille de l’Union européenne au peuple syrien” et condamnant “dans les termes les plus forts la répression brutale en cours et les nombreuses violations des droits de l’homme”
Malgré tous les efforts et rappels de la communauté internationale, la répression ne faiblit pas en Syrie et n’a pas l’air d’inquiéter grandement Bachar al-Assad. L’observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), dans un communiqué, a dressé un nouveau bilan inquiétant : depuis mardi 28 civils ont trouvé la mort. Quatre enfants ont été abattus par l’armée et cinq militaires ayant déserté figurent aussi parmi les victimes.
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