Egypte : Nouveaux rassemblements place Tahrir
Symbole d’une révolte inachevée, la place Tahrir en Egypte se remplit de nouveau. Aujourd’hui vendredi 18 novembre, plus de 50 000 manifestants ont défilé dans le centre du Caire, exigeant le transfert pur et simple du pouvoir à un gouvernement civil. Le rassemblement constitué de libéraux et de salafistes s’est par ailleurs très rapidement divisé en deux groupes bien distincts, sans pour autant créer d’affrontement. Plusieurs associations et partis politiques  étaient représentés dans le cortège, motivés par un appel à  “protéger la démocratie et le transfert du pouvoir” en Egypte rapporte Le Monde. Les autres revendications des manifestants portaient sur la durée de la période de transition, qu’il souhaiteraient voir raccourcir. Le cortège demandait aussi a ce qu’un nouveau calendrier, visant à  élire un démocratiquement un dirigeant, soit annoncé rapidement et précisément.
Dans un précédent article sur notre site,  Kader Abderrahim, chercheur associé à l’Iris, spécialiste du Maghreb et de l’islamisme décryptait la situation en Egypte à l’approche des futures élections du 28 novembre. Il expliquait déjà , la contre révolution que l’armée tentait d’implanter dans le pays: “Depuis plusieurs mois en Egypte, se joue une véritable contre-révolution de la part de l’armée qui reprend totalement en main le pays, au sens propre comme au sens figuré. Au sens propre car elle a précédé à des centaines d’arrestations de blogueurs et d’opposants. Au sens figuré car, y compris à l’intérieur du commandement suprême, il y a des divergences très importantes et donc les deux ou trois têtes qui dirigent ce commandement suprême ont également repris les choses en main“.
Une situation tendue donc et un sentiment de révolte non-aboutie qui pousse de nouveau les Egyptiens à descendre dans la rue. Mais il existe aussi un conflit politique au sein même des protestataires. Les frères Musulmans pourraient très bien remporter les élections si le Conseil suprême des forces armées était évincé du pouvoir et les libéraux de l’autre coté espèrent aussi une victoire. Toujours est-il que ces nouvelles manifestations n’effraient pas les anciens compagnons politique de l’ancien président égyptien. Pour preuve, Omar Soliman, qui occupait le poste de vice-président sous le régime Moubarak durant la révolution, s’est permis une déclaration à l’encontre des occupants de la place Tahrir expliquant que “l’armée était la seule garante de l’Egypte en ces temps difficiles,” ajoutant que “s’il y avait des désaccords avec certaines mesures des dirigeants intérimaires, ils pouvaient être résolus par la discussion et non par le biais de marches de plus d’un million de personnes, révèle le site Afrique en ligne
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