Syrie : le double jeu de Bachar al-Assad
Mercredi soir, Bachar al-Assad a décidé  de se soumettre au plan de la ligue arabe et promettait d’arrêter la répression en Syrie. Après des mois de contestations et de violence, partout dans le monde, la nouvelle a fait l’effet d’une bombe. Le plan de la Ligue arabe détaillé ce matin dans Libération demande aux autorités syriennes, l’arrêt total des violences, la libération de tous les détenus arrêtés depuis mars, l’évacuation des forces armées des villes, la libre circulation des organisations de la ligue arabe ainsi que des médias internationaux  et après des “progrès sensibles” du gouvernement, une conférence de dialogue national.
Les incessants rappels de la communauté internationale n’ont jamais raisonné le dirigeant syrien, qui dernièrement, à l’idée d’une intervention extérieure, menaçait  le monde d’un “séisme”. Un tel revirement de situation de la part de Bachar al-Assad étonne d’ailleurs beaucoup de spécialistes, journalistes et opposants. Plusieurs hypothèses  sont émises,  Hala Kodmani, journaliste franco- syrienne,  jointe par téléphone explique que: “le régime a besoin d’une porte de sortie(…) Bachar al-Assad est coincé. Après l’isolement international, l’isolement arabe peut-être très coûteux pour lui. Le régime fait semblant, il fait croire qu’il est de bonne volonté, c’est une manière de gagner du temps et de retarder d’éventuelles sanctions de la ligue arabe. En clair, le régime joue le temps, mais surtout l’esquive en acceptant cette résolution et en ne changeant rien sur le terrain.
Dans son article de ce matin dans Libération, Hala Kodmani cite un éditorialiste du journal Al-Hayat qui confirme ses propos : “Les membres de la ligue arabe ne vont pas tarder à  constater ce qu’ils savaient d’avance: que la réponse de Damas à leur proposition ne vise qu’à gagner du temps pour ne pas apparaître comme rejetant l’initiative, avant de noyer les ministres arabes dans des détails d’interprétations des termes, des lieux et des dates pour les désespérer jusque’a ce qu’ils jettent l’éponge et abandonnent leurs efforts.”
Les opposants au régime eux non plus ne sont pas dupes, Sham Daoud,  membre de l’association Souria Houria qui milite en France contre le régime syrien indique que: “depuis ce matin, il y a déjà  eu 10 morts, rien ne change, il dit ça pour gagner du temps c’est tout .. “
L’actualités des derniers jours en Syrie vient indéniablement confirmer les témoignages ci-dessus, la répression se poursuit, principalement dans les villes d’Homs et Damas, où l’Observatoire syrien des droits de l’Homme, dénombrait jeudi une trentaine de morts et plus de 80 arrestations à Deir Ezzor et dans les localités voisines. Le CNS, constitué des principaux opposants syriens, a quant lui rejeté le plan de la Ligue arabe et ne voit aucune alternative pour faire cesser les violences dans le pays, si ce n’est “des négociations pour le transfert du pouvoir du régime tyrannique vers un régime démocratique” ainsi que le “départ” pur et simple de Bachar al-Assad, rapporte Le Monde .
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