Vidéo / Syriens agressés à Paris : le témoignage
Même en France, ils ne sont pas à l’abri. C’est la difficile leçon qu’ont appris à leur dépens cinq Syriens expatriés depuis des années. Shevan, Georgette, Salem, Mohamad et Azad ont été les victimes de fervents partisans de Bachar El-Assad, pour ne pas dire de sbires du régime. La raison ? Ils ont tous les cinq pris part à une manifestation de soutien pour les révoltés qui risquent leurs vie chaque jour à Damas et dans le reste de la Syrie. D’abord pris à partis pendant le défilé, c’est à leur sortie du commissariat, en pleine nuit, alors que trois d’entre eux venaient de porter plainte, que les cinq Syriens ont été piégés par plus d’une dizaine d’homme.
Aujourd’hui, les coupables demeurent libres et ne sont pas du tout inquiétés par la justice française. Un constat écoeurant pour les victimes. L’une d’elles, Shevan Amhani par ailleurs membre de la très active association Souria Houria, réclame simplement la “dignité de la France“, dans cette affaire, qu’elle ne laisse pas ces crimes impunis. Car les agresseurs l’ont fait savoir, ils ne comptent pas en rester là avec ceux qui s’opposeront à Bachar El-Assad. A croire qu’il faut attendre l’irréparable avant que la justice ne s’empare vraiment de l’affaire. Une affaire qui fait resurgir de vieux fantômes : en 1982, Hafez El-Assad, père de Bachar, s’était “offert les services” du terroriste Carlos, qui avait organisé un attentat à la voiture piégé devant les locaux du journal d’opposition “Al Watan Al Arabi”, situés rue Marboeuf à Paris : bilan 1 mort et 63 blessés, rappelle Causeur.
Savoir qu’un dirigeant syrien est capable d’aller faire éliminer ses opposants à l’étranger n’est pas fait pour rassurer Mohamad, Georgette et les autres. Tous admettent que depuis leur agression ils ne sont plus tranquilles dans leur vie de tous les jours, que ce soit lors d’un trajet dans le métro, ou lorsqu’ils reçoivent un appel téléphonique dont le numéro leur est inconnu… Alors que s’ouvre à Paris une “semaine de soutien et de solidarité avec le peuple syrien” à l’initiative de membres de l’opposition, nous avons pu donner la parole à 4 des 5 victimes de l’agression d’août dernier.
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