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Jordanie / Interview Taher Masri : “Nous sommes allés au-devant des attentes du peuple”

12 octobre 2011 2 992 lecture(s) Un CommentaireBuzzer cet article !

FK : M Taher Masri, vous êtes le Président du sénat jordanien. Le monde connait cette année un bouleversement profond avec ce qui a été appelé le Printemps Arabe. Ces évènements ont commencé en Egypte et en Tunisie et ont atteint la Jordanie au début de l’année. Sa Majesté le roi Abdallah a rapidement décidé de créer une commission chargée de modifier la constitution. Pouvez-vous nous dire rapidement quelles modifications seront opérées et dans quels délais ?

Taher Masri: Ces changements sont déjà applicables. Ils ont été approuvés par les deux chambres et officiellement signés par le roi. Nous avons désormais une nouvelle constitution et les changements apportés par les amendements sont effectifs. Ils permettent notamment d’améliorer les libertés familiales, de renforcer le parlement et de rétablir une cour constitutionnelle, ce qui est un progrès important.

Le gouvernement ne peut plus aujourd’hui produire de lois d’urgence. Auparavant, le gouvernement pouvait contourner le pouvoir législatif et détenait donc à la fois le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif. Ceci n’est plus autorisé. Nous avons limité la possibilité pour le roi de ne pas tenir d’élections. Nous avons établi une haute commission chargée d’analyser la situation puis de mener à bien les élections législatives. Par ailleurs, nous avons aboli la cour martiale. Aucun civil ne peut plus être traduit devant une cour martiale, seulement une cour civile.

Voilà les principaux changements. Mais avant cela, le roi avait établi une commission de dialogue, dirigée par moi-même, qui a établi une nouvelle loi électorale, un nouveau système électoral et de nouvelles règles pour les partis politiques. Nous avions effectué une analyse poussée des besoins de réforme et avons donc proposé ce nouveau système électoral.

Tout cela est arrivé concomitamment et tous ces changements n’ont pas été acceptés par la population. Beaucoup de gens ont dit : « C’est un bon pas en avant mais ce n’est pas suffisant ». Ils en voulaient davantage. Ils voulaient toucher aux pouvoirs du roi, ce qui est quelque chose de logique, d’acceptable mais notre système politique et notre société sont basés sur le principe d’évolution et non de révolution. Nous nous sommes également dits que nous n’avions par la bonne infrastructure pour une monarchie constitutionnelle. Nous la préparons donc en renforçant le parlement, le pouvoir judiciaire, en le rendant plus indépendant en le séparant davantage du pouvoir exécutif. Quand nous aurons des partis politiques, une bonne loi électorale qui nous permettra d’avoir un parlement représentatif, quand nous aurons des députés élus sur leurs mérites et non grâce à leurs relations ou leurs affiliations tribales nous pourrons dire que nous pourrons limiter les pouvoirs du roi et nous pourrons avoir un Premier ministre que sera le leader du parti majoritaire au parlement.

Jusqu’à ce que la société jordanienne s’approprie cela et le mette en pratique nous avons pensé qu’il fallait mieux s’en tenir à ce que nous avons fait. Cela déçoit de nombreuses personnes mais en étant rationnels et en suivant notre principe d’évolution, je pense que nous avons fait le bon choix.

FK: Dans le cadre de la modification de la constitution, consultez-vous vraiment l’opposition, notamment les Frères Musulmans qui apparaissent comme la structure politique la plus connue en Jordanie ?

TM: Nous connaissons bien sur leurs opinions. Je suis en contact avec eux mais ils ont refusé de faire partie de la commission du dialogue. J’ai mené des négociations avec eux pendant de longues semaines pour les convaincre que nous avions besoin de leurs conseils. Nous avons besoin d’eux, de leur soutien et nous avons besoin de connaitre leurs opinions pour arriver à un consensus. Personne dans la commission, qui comprend 50 personnes de différents partis et de différents écoles politiques, n’imposera ou ne se verra imposé une position. Ce sera un consensus. Malgré cela, ils ont refusé d’y participer.

Mais dans les deux cas, le dialogue national et l’amendement de la constitution, nous avons pris connaissance de leurs aspirations. Certaines ont été acceptées. D’autres viendront plus tard. D’autres encore ont été rejetées. Même si dans la seconde commission, celle de l’amendement de la constitution, il n’y avait pas de contact direct avec eux, nous connaissions leurs demandes.

FK: Pensez-vous que les Frères Musulmans soient influencés ? Sentez-vous une menace de l’extérieur ?

TM: Je ne pense pas, je ne suis pas d’accord. C’est une idée très conservatrice provenant de certains membres conservateurs du gouvernement. Je pense que les Frères Musulmans sont nationalistes, ils œuvrent dans le cadre légal de la constitution. Ils ont leurs propres ambitions, c’est un parti bien organisé et ils ont été malmenés dans les dernières années. Ils étaient proches du gouvernement dans les années 50 et 60 puis ils se sont éloignés ou le gouvernement s’est éloigné d’eux. Je pense que ce qui a causé cela est leur relation avec le Hamas. Le gouvernement est très susceptible face à l’implication du Hamas dans nos problèmes nationaux. Le Hamas s’immisce dans les affaires nationales et était très influant par le biais des Frères Musulmans jordaniens.
Cela a donc créé une certaine distance. Mais maintenant, les Frères Musulmans sont bien implantés dans la société et tout le monde est d’accord sur le fait que ce soit le premier parti du pays même si tout le monde sait qu’ils n’obtiendront pas plus de 20 à 22 % des voix. Ils ne sont plus, entre guillemets, une menace pour le système. Ils peuvent aider. Je suis d’avis qu’ils doivent faire partie du système politique, ils ne doivent pas nous effrayer. Je ne suis pas d’accord avec eux mais je peux facilement négocier avec eux.

FK: Le mot que l’on entend partout, dans les sit-in, les manifestations, partout, est celui de “corruption”. L’opposition accuse le régime de laisser libre cours à une certaine corruption. Que répondez-vous à cela ?

TM: Bien sûr, il y a de la corruption et même de la corruption au plus haut niveau. Je ne peux pas développer sur ce sujet mais c’est un fait établi, nous devons le prouver et les responsables doivent être jugés. Le sentiment du peuple est que la corruption est un mal national, un mal inhérent au régime. Je pense que c’est le principal problème. Nous parlons de réforme, les gens demandent des réformes, c’est vrai mais avant cela, ils demandent que soient punis les corrompus. Et je vais vous dire pourquoi cette question est tellement importante pour les Jordaniens, c’est parce qu’ils pensent que l’Etat a vendu les symboles de l’Etat. Le processus de privatisation a conduit à la corruption et à de très nombreux cas d’enrichissement personnel. Pour les gens, les symboles de l’Etat et de la nation syrienne ont été vendus, le gouvernement n’a plus rien. Et ce qui rend les choses plus dures encore, c’est qu’avec la privatisation, l’argent a disparu. Peut-être qu’il n’a pas été détourné mais il a disparu !

FK: Où a-t-il disparu ?

TM: Je ne sais pas. Le gouvernement peut donner des chiffres mais je ne sais pas… En tout cas, il a disparu et ce qu’il y a de pire c’est que le déficit budgétaire est énorme et que la dette extérieure devient de plus en plus importante. Les gens disent donc que l’Etat n’a plus rien et qu’ils sont de plus en plus pauvres à cause du gouvernement et c’est cela qui choque les Jordaniens. La fierté nationale a été mise à mal.

FK: En qualité de président su Sénat, quelle est votre attitude face à la disparition de cet argent ?

TM: Nous sommes de ceux qui demandent que s’arrêtent ces pratiques et qui encourageons l’éclaircissement de certaines situations et la condamnation des auteurs. Mais je dois admettre que nous ne pouvons guère aller plus loin.

FK: Quelle est l’influence de la Syrie, de l’Egypte et des autres pays révolutionnaires, sur la Jordanie ? Comment le ressentez-vous en Jordanie ?

TM: Nous sentons très fortement cette influence. En fait, ce qui est arrivé en Tunisie et en Egypte est à l’origine des protestations en Jordanie. Et je me souviens qu’il y avait des discussions au plus haut niveau sur les conséquences éventuelles de ces évènements sur la Jordanie. Et c’est pourquoi le roi et l’administration ont dû se dépêcher de faire quelque chose. La grande différence entre ces pays et la Jordanie, ce qui nous préserve des violences, c’est qu’en Egypte et en Tunisie, les gens étaient révoltés contre le régime. En Jordanie, nous nous opposons sur la politique à mener, sur les individus, sur le système mais pas sur le régime. Nous avons donc eu le temps de faire quelque chose. Je me souviens très bien que quand nous en discutions, je disais que nous avions la chance de pouvoir apprendre des évènements en Tunisie et que nous avions également de la chance avec ce qui se passait en Egypte. Nous avons donc pu nous en servir et faire ce qu’il fallait. Nous avions une vision stratégique et nous sommes allés au-devant des attentes du peuple ce qui nous a permis de faire ces réformes par notre propre volonté et sans y être forcés.

Nous avons donc débuté les réformes bien que certains trouvent que le régime et le gouvernement sont lents, qu’ils ne proposent pas assez de réformes. Peut-être que nous avons fait une erreur ici ou là mais dans l’ensemble c’est du bon travail. En fait, la raison du manque de satisfaction du peuple est le manque de confiance. Les gens ont souffert des fausses promesses du palais royal, du gouvernement, de tous les officiels. Le gouvernement, le système et le régime doivent donc prouver sans l’ombre d’un doute qu’ils sont honnêtes et sincère sur ce qu’ils disent et font.

FK: Et vous pensez qu’ils sont sincères ?

TM: Ils devraient mieux…

FK: Que pensez-vous qu’il puisse se passer en Syrie ?

TM : Les Syriens nous accusent tacitement d’apporter notre soutien à la révolte. Je ne sais pas à quel point nous sommes impliqués là-dedans mais ce que je peux voir c’est que nous sommes prudents. Nous condamnons toute violence contre le peuple, nous pensons que c’est quelque chose qu’aucun gouvernement et aucune personne ne peut défendre. Et nous ne croyons pas le pouvoir Syrien quand il dit que les révoltés sont des terroristes ou des voyous. Nous pensons que c’est bien la population qui se révolte.

FK: Mahmoud Abbas a demandé à l’ONU la reconnaissance d’un Etat palestinien. Nasser Juddeh, le Ministre des affaires étrangères jordanien nous a dit que la Jordanie soutenait la démarche. Et vous ? Quelles sont les relations entre Israël et la Jordanie à l’heure actuelle ?

TM: Comme le gouvernement, nous soutenons fortement et sincèrement Mahmoud Abbas et je soutiens plus encore la politique et la démarche de Mahmoud Abbas. Je pense que les Palestiniens ont offert tout ce qu’ils pouvaient, ils sont allés partout dans le monde clamer leur engagement pour la paix. Il n’y a plus de terrorisme. La loi et l’ordre règnent maintenant en Cisjordanie et Israël ne veut pas voir cela. La guerre n’aide pas les Palestiniens. Netanyahu est un cas désespéré. Qu’est ce qui peut donc être fait ? Jusqu’à quand les Palestiniens pourront ils attendre la réalisation des promesses de la communauté internationale, notamment de l’Europe et des Etats-Unis ?

L’administration Obama a fait tellement de promesses, tellement de beaux discours mais maintenant, au moment de passer à l’action ils disent : « veto, veto » ! Ils ne comprennent pas l’amertume des Palestiniens et des Arabes en général, devant une telle trahison. Il n’y a pas d’excuse à la position des Américains sauf peut-être qu’il y ait une élection dans un an et nous souffrons de cela tous les 4 ans voire tous les deux ans. Quoi qu’il en soit, je ne sais pas quelle sera l’issue mais si la Palestine est acceptée comme pays membre ou comme pays non membre, ils iront vers la paix et le gain de ce statut à l’ONU ne sera pas une action anti-israélienne, ce sera un pas vers une coexistence pacifique entre Palestiniens et Israéliens. J’espère qu’ils seront acceptés. Et j’espère qu’Israël et les Etats-Unis seront plus raisonnables. J’espère que l’Europe dans ce cas particulier ne s’alignera pas sur la position américaine.

Personne ne concurrence les Etats-Unis sur le rôle qu’ils jouent au Moyen-Orient. Le soutien à la reconnaissance par l’ONU de la Palestine, le soutien de l’Europe ne seront pas considérés comme une démarche anti-américaine et nous, en Jordanie, sommes très impliqués en cela. Parce que, comme vous le savez, de nombreux Jordaniens sont inquiets de l’absence de solution à la question palestinienne. Ils pensent qu’Israël tente de faire établir l’Etat palestinien sur le territoire jordanien. Et cela devient une question très sensible. Quand il y aura un Etat palestinien souverain, stable, indépendant et viable alors de nombreuses tensions disparaitront car les Palestiniens auront leur propre pays et les réfugiés pourront décider de rester en Jordanie ou de retourner dans leur Etat. Il est donc de notre intérêt national d’obtenir la reconnaissance de l’Etat Palestinien.

FK: La position jordanienne sur ce sujet risque-t-elle de dégrader vos relations avec Israël ?

TM: Je dois admettre que les relations sont froides. Peut-être qu’au niveau des gouvernements les relations sont meilleures mais à un niveau inférieur, les relations se tendent. Et il n’y a pas de véritables actions entre le public israélien et le public jordanien. Par exemple, il n’y a pas de visites officielles à l’exception de quelques responsables de la sécurité, et ces visites ne sont pas rendues publiques.

FK: Vous avez été Premier ministre, vous êtes maintenant président du Sénat, vous connaissez donc très bien la situation. Quel est donc votre point de vue, que peut-il arriver, en restant réaliste ? Est-ce que le processus de paix prendra du temps ou pourra-t-il être réalisé en un ou deux ans ?

TM: Malheureusement, je ne suis pas optimiste. Je pense, après tant d’années de recherches et de discussion avec les Israéliens, qu’ils sont déterminés à ne pas vouloir d’Etat palestinien indépendant. Même s’il devait être indépendant, dans la pratique, ce serait une très faible autonomie. Je pense que c’est ce qu’Israël a déjà établi en Palestine. Ce n’est pas assez et le réveil arabe, ou printemps arabe, n’est pas très éloigné de la question palestinienne. Nous avons vu et nous verrons encore des revendications sur la question palestinienne et contre Israël. Ces manifestations ne seront pas amicales et ce sentiment d’inimitié va à mon avis l’encontre de ce que nous avons essayé de faire depuis si longtemps.

J’ai dit à tellement d’Américains : vous êtes les amis d’Israël et vous devez aider Israël même contre sa volonté. Cela ne peut plus continuer. Si vous voulez un vrai Etat Israélien et juif, ce n’est pas le bon moyen de l’avoir. Les Palestiniens sont près de 5, 5 millions et les israéliens sont 6,2 millions. Ils sont donc en nombre égal et les Palestiniens sont déterminés, ils n’iront nulle part ailleurs. Ils ont établi un Etat ou un semi-Etat, ils sont fiers de leur nationalité, de leur identité et ils rencontrent de plus en plus de sympathie dans le monde. Reste juste en suspens ce point crucial, la création d’un Etat Palestinien indépendant. Nous n’y sommes pas encore mais ça arrivera.

Pour parler en général des régimes arabes ou de la Jordanie, je pense donc qu’on a plus à gagner à faire ce qu’on peut maintenant, volontairement et qu’il ne faut pas attendre d’y être forcé.

Propos recueillis par Florence Kammermann pour LesInfos.com, le 9 octobre 2011 à Amman.


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    Un Commentaire »

    • jinane malak said:

      excellent l’interview de Florence Kammermann avec Taher Masri. Clair, précis, avec des projections futures, et satisfaisant notre connaissance.

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