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Les migrants maltraités aux portes de l’Europe ?

21 septembre 2011 3 445 lecture(s) Aucun CommentaireBuzzer cet article !

Human Rights Watch publie un rapport dans lequel il alerte l’opinion publique quant au sort réservé aux migrants qui tentent d’entrer sur le sol européen, particulièrement les personnes arrêtées à la frontière entre la Grèce et la Turquie. Principal accusé : Frontex ( Agence européenne pour la gestion de la coopération opérationnelle aux frontières extérieures ) mis en cause dans un rapport publié par Human Rights Watch, intitulé “Les Mains sales de l’Union Européenne : l’implication de Frontex dans le mauvais traitement des migrants en Grèce“.

Le rapport en question met en exergue le rôle de Frontex ainsi que sa responsabilité concernant le cas de migrants soumis à des détentions dégradantes et inhumaines pendant 4 mois durant l’année 2010. La brigade d’intervention rapide de Frontex (RABIT) avait à l’époque arrêté nombre de migrants pour les remettre à la police grecque et les placer dans des centres de détention dans la région d’Evros. Cette brigade, précise HRW a depuis été remplacée par une présence permanente, sur place, d’agents employés par Frontex.

Frontex est devenu parti prenante en abandonnant les migrants à des traitements qui sont strictement interdits par les Droits de l’Homme” annonce Bill Frelick, responsable du programme pour les réfugiés de Human Rights Watch. “Pour mettre fin à cette complicité sur les traitements inhumains, l’Union Européenne doit durcir les règles concernant les opérations de Frontex et s’assurer que cette agence soit tenue responsable si les règles ne sont pas respectées, que ce soit en Grèce ou ailleurs“.

Le document, réalisé à partir d’interviews de 65 migrants, réfugiés ou encore demandeurs d’asile entre novembre 2010 et février 2011, mais aussi grâce à des entretiens avec des membres de Frontex et des policiers grecs, indique que l’agence avait envoyé à l’époque des premières arrestations pas moins de 175 agents, ou “officiers invités” pour intercepter les migrants en situation irrégulière. En décembre 2010, tandis que les agents du RABIT continuaient à se déployer à la frontière, des émissaires de Human Rights Watch ont visité l’un des centres de détention de la région d’Evros et ont découvert que les autorités grecques détenaient des immigrés, dont des personnes appartenant à des groupes dits “vulnérables”, comme des enfants non-accompagnés et ce, pendant des semaines voire des mois, dans des conditions déplorables.

Le commissariat de Feres détenait, selon HRW, 97 personnes bien que la police ait avoué que la capacité d’accueil n’était que de 30 personnes. “Vous ne pouvez pas imaginer à quel point c’est sale” a confié une détenue géorgienne de 50 ans aux membres de l’organisation. “Ce n’est pas approprié d’être enfermé avec ces hommes. Je ne dors pas la nuit, je reste juste assise sur un matelas“. Dans un autre centre de détention à Fylakio, des enfants, sans famille présente, se retrouvaient enfermés avec des adultes qu’ils ne connaissaient pas, dans des cellules surpeuplées. L’odeur était insupportable, les policiers portaient des masques de chirurgie lorsqu’ils traversaient le couloir des cellules.

Même si le rapport pointe d’abord Frontex du doigt” reprend Bill Frelick, “cela n’absous en rien les autorités grecques. Le gouvernement doit faire des efforts immédiatement pour améliorer les conditions de détention et mener rapidement une réforme de la demande d’asile comme il l’a promis“.

La Cour européenne des Droits de l’Homme a reconnu que les centres de détention en Grèce traitaient les migrants de manière inhumaine et dégradante (comme la Belgique a qui l’on reprochait de transférer justement des immigrés afghans en Grèce). D’un autre côté regrette Bill Frelick “il y a une contradiction dérangeante dans l’attitude de l’Union Européenne, puisqu’elle envoyait dans le même temps les agents de Frontex sur place, en étant pleinement consciente de ce qui se passait“.

Human Rights Watch demande donc aux ministres européens de la Justice et de l’Intérieur d’approuver des modifications aux règles régissant les opérations de Frontex lors d’une réunion de deux jours commençant le 22 Septembre 2011, mais aussi d’ajouter à ces réformes une possibilité de tenir Frontex comme responsable lorsque ses opérations portent atteinte aux Droits de l’Homme.

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