Yemen : au moins 50 morts dans des manifestations anti-Saleh
Les opposants au président Saleh ont connu un week-end noir à Sanaa et dans le reste du pays, alors que se déroulaient de nombreuses manifestations pour demander le départ du président. La BBC rapporte plusieurs témoignages décrivant les violences perpétrées par l’armée. Certains évoquent des snipers placés en haut des immeubles et tirant sur des camps d’opposants. Dans le même temps d’autres militaires bombardaient les zones tenues par les combattants rebelles.
Le gouvernement dément formellement ces accusations et estime au contraire que l’armée ne fait que défendre le pays face aux attaques de sympathisants d’al Qaïda, à en croire les déclarations d’un ministre yéménite. Pourtant, depuis des mois, comme en Libye ou en Syrie, c’est bel et bien la population qui se soulève à Sanaa et partout ailleurs pour accélérer le départ du président en place. Depuis plusieurs mois de nombreuses manifestations s’organisent. Et si violence il y a, pour les portes paroles de l’opposition, elle est avant tout due à l’armée qui fait volontairement dégénérer la situation afin de pouvoir user de la force.
26 personnes ont perdu la vie dimanche, 50 au total pendant le week-end, alors que les manifestants avaient organisé une marche en direction du palais du président Saleh. Les snipers placés sur le chemin du cortège ont même fait un mort parmi des enfants qui n’avaient rien à voir avec le mouvement rapportent les observateurs. “Je me suis arrêté pour aller acheter à manger et j’ai laissé mes deux fils dans la voiture” a raconté à la presse, le père de la victime. “J’ai entendu le plus âgé crier, son frère a été atteint à la tête“.
L’armée du président Saleh n’hésite pas non plus à survoler la ville avec ses avions et à bombarder les repères supposés des soldats rebelles. Un reporter indépendant, Tom Finn expliquait sur Twitter que les blessés arrivaient par dizaines à l’hôpital où il se trouvait. La plupart montraient des blessures par balle aux jambes.
La chaîne de télévision Al Jazeera a récupéré quelques images des affrontements entre civils et militaires lors des manifestations :
Dans le même temps, l’ONU et le Conseil de coopération du Golfe ont envoyé sur place deux représentants, Jamal Benomar et Abdellatif al-Zayani (secrétaire général du CCG). Ils ont pour objectif de négocier le départ de Ali Abdullah Saleh et ce de manière pacifique précise CNN. Les conditions élaborées par le CCG au mois de mai autoriseraient le président en place à transférer son pouvoir à son vice président Abdo Rabo Mansour Had, dans un délai de 30 jours. Saleh avait à l’époque indiqué qu’il signerait, mais avait fait volte-face au dernier moment, affirmant vouloir terminer son mandat et enfonçant un peu plus son pays dans l’impasse. En attendant une nouvelle décision de sa part, le peuple continue de défiler dans les rues.
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