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Libye : USA, Grande-Bretagne et France, des liens étroits avec Kadhafi ?

9 septembre 2011 1 521 lecture(s) Aucun CommentaireBuzzer cet article !

Human Rights Watch a sûrement mis la main sur une mine d’information sur les véritables relations qu’entretenaient trois des plus grandes puissances mondiales avec le gouvernement de Mouammar Kadhafi. En découvrant de nombreuses archives dans les bureaux abandonnés de Moussa Koussa, ex ministre des Affaires Etrangères et chef des renseignements du dictateur libyen, l’ONG a révélé quelques bien sombres épisodes de l’histoire de la diplomatie.

Ce sont d’abord les Etats-Unis et la Grande Bretagne qui sont mis en causes par les documents, par l’intermédiaire de leurs services de renseignements. Le Wall Street Journal évoque le lien étroit entre la CIA et les renseignements libyens. L’agence américaine aurait ainsi installé un quartier général permanent en Syrie à partir de 2004. Elle aurait livré des terroristes présumés aux renseignements libyens, se permettant de mener des interrogatoires à distance, en indiquant aux autorités libyennes les questions à poser. Ce ne serait pas la première fois que les USA auraient fait appel à un pays tiers pour interroger des suspects. Déjà en 1995, l’Egypte avait collaboré de cette façon avec  Washington. Ce procédé est vivement critiqué, les soupçons de tortures sur les prévenus étant très fortes. Un officiel américain a expliqué au journal que les services américains “avaient toujours reçu l’assurance que les prisonniers étaient bien traités“. Il ajoute que les services libyens étaient juste désireux d’aider à mettre hors d’état de nuire les ennemis de l’Amérique. Enfin, en 2004, toujours selon cet officiel, la Libye “montrait des signes de progrès, elle avait abandonné son programme d’armement nucléaire et aidé d’elle même à localiser des terroristes présumés“.

La Grande Bretagne aurait de son côté aidé à capturer Abdelhakim Belhaj (en collaboration avec la CIA), explique The Independant. Ce dernier était l’un des plus tenaces opposants à Kadhafi, étant à l’époque chef du Groupe islamique combattant en Libye. Il fut arrêté en Malaisie en 2003, puis libéré après négociations en 2009. Il fait aujourd’hui parti des rebelles, étant à la tête des brigades du 17 février, groupe armé et formé par la France et le Qatar. Abdelhakim Belhaj explique avoir été victime de nombreuses tortures pendant sa détention. Cité par le journal The Guardian, il accuse surtout la Grande Bretagne, d’avoir été au courant de ce qu’il subissait, sans avoir tenté d’intervenir : “Je n’arrive pas à croire qu’ils aient laissé faire ça” déclare-t-il. “Cela mérite une enquête poussée”. Le Royaume-Uni se serait aussi permis de fournir à Kadhafi des informations sur certains de ses opposants exilés, comme leurs localisations et numéros de téléphone. Par ailleurs, Europe 1 affirme que certains documents montreraient que Washington et Londres ont dans un premier temps préféré aider le guide libyen à contrer la révolte dans son pays, avant de faire volte-face pour soutenir les rebelles.

Et la France dans tout cela ?  Si elle ne semble pas avoir collaboré de façon aussi soutenue que les USA ou la Grande Bretagne, elle a quand même joué un rôle d’importance explique Le Monde. Elle aurait fourni de l’aide pour l’opération “Kamoka” qui visait à démanteler une cellule du Groupe islamique combattant en Libye, implantée à Londres. Si Paris réfute toute aide au transfert de prisonniers vers la Libye, ce n’est pas pour autant que les services des renseignements des deux pays n’ont pas noués des relations. Officiellement, il s’agissait d’échanges d’informations, sur al-Qaïda particulièrement. La Direction de la Sécurité du Territoire (DST) aurait aussi aidé à la formation de forces spéciales libyennes. Enfin, le Canard Enchaîné (repris par Arrêts sur Image) explique que la France aurait aussi aidé la Libye à espionner les opposants à Kadhafi sur le net. La DGSE (Direction générale de la sécurité extérieure) aurait supervisé la mise au point d’équipements d’espionnage électronique fabriqués par des industriels français. Le ministère des Affaires Etrangères dément formellement l’implication de l’Etat dans la vente de ce matériel.

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