Le pétrole, clé des négociations sur l’après Kadhafi ?
Quel avenir pour la Libye ? 60 pays sont aujourd’hui réunis à Paris pour discuter de l’après Kadhafi et de “la Libye libre”. Pour Global Witness, ONG spécialisée dans la lutte contre le pillage des matières premières, le pétrole est la clé du futur libyen. L’organisation dresse donc une liste de propositions concernant l’or noir, principale richesse du pays :
- Des dispositions devront être prises concernant la transparence et devront être inscrites dans la nouvelle constitution afin de garantir une juste exploitation de cette ressource. Les comptes et la gestion des revenus liés au pétrole devront être rendus publics.
- Les finances publiques y compris les actifs dégelés, les fonds amassés contre les avoirs gelés, le commerce des ressources et l’aide devront être ouverts au public. Les termes des contrats pétroliers existants doivent également être divulgués et les détails des accords conclus par le CNT avec les gouvernements et les entreprises impliquant des fonds souverains ou l’échange d’argent, le pétrole brut et les reconnaissances de dettes garanties par les actifs gelés devront être rendus publics et ouverts à l’examen par la société civile libyenne et des ONG. Ceci est particulièrement important alors que l’ONU, l’UE et d’autres commencent à dégeler les milliards de dollars d’avoirs libyens détenus à l’étranger.
- Tous les fonds doivent être libérés à travers un mécanisme transparent comme le mécanisme de financement temporaire renforcé qui a été mis en place par le CNT et le Groupe de contact en Libye pour gérer les flux d’aide.
- La communauté internationale devra aider le CNT à traquer et retrouver les fonds que Kadhafi et ses acolytes ont détourné des caisses de l’Etat. Ils devront aussi sanctionner les banques qui ont accepté cet argent.
- Aucune nouvelle concession pétrolière ne devra être mise en place tant que le nouveau gouvernement n’est pas au pouvoir officiellement. Des affaires conclues avant cette échéance pourraient créer des soupçons en Libye et laisser penser que la communauté internationale a apporté son aide uniquement pour le pétrole, au détriment du peuple libyen. Le CNT devra se contenter pour le moment des contrats de l’ère Kadhafi pour obtenir des revenus. Aucune nouvelle exploitation des zones pétrolifères ne devra être autorisée avant l’élection d’un gouvernement qui pourra revoir les lois et règles existantes et assurer une transparence comptable . Le Groupe de contact en Libye doit user de son influence pour s’assurer que les compagnies pétrolières déjà présentes sur place ne tenteront pas de conclure de nouveaux contrat avant cela.
“Les négociations sur la façon dont le gouvernement intérimaire gère des fonds débloqués et les métiers du pétrole pourraient marquer la naissance d’une nouvelle ère de justice économique pour les Libyens, ou devenir une grande occasion manquée si la transparence n’est pas une priorité sur l’agenda à Paris” conclut Brendan O’Donnell, responsable des questions pétrolières chez Global Witness.
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