Libye: La rébellion se désorganise et le jeu des négociations s’emballe
La mort du général Youness, chef de file des rebelles libyens ne semble pas être seulement un coup d’arrêt symbolique. Les nombreuses questions que suscitent sa mort, aujourd’hui encore non élucidée, font naître des soupçons et des tensions en interne parmi les rebelles annonce Jeune Afrique.Des pionniers du mouvement révolutionnaire, regroupés sous la bannière de la” Coalition du 17 février” demandent ainsi le renvoi de trois membre du conseil du CNT, le “gouvernement alternatif ” mis en place par les insurgés, qui sont accusés (de manière directe ou indirecte) d’avoir leur part de responsabilité dans la mort du général. Si aucun coupable n’a été clairement défini, les rebelles ne semblent pas croire à la version de certains membres du CNT, qui affirmaient que le régime Kadhafi était à l’orginie de la mort du chef militaire de l’opposition. Les insurgés soupçonnent par ailleurs le CNT de profiter de cette mort pour tenter de créer une nouvelle armée parallèle à celle qui combat actuellement les forces de Kadhafi.
Une démocratie “possible” en Libye
Dans le même temps, Bernard-Henry Lévi qui affirme suivre de près le dossier libyen, rapporte que les négociations se poursuivent pour dessiner l’avenir du pays. Interrogé sur Europe 1, il affirme qu’”il n’y a aucun enlisement en Libye, les rebelles progressent sur les trois fronts“ Sur le dossier de la mort du général Youness, l’écrivain botte en touche face à l’évocation des rumeurs “de café du commerce“, préférant “attendre les résultats de la commission d’enquête“. “Je vais vous livrer un scoop, je pense que dans les jours qui viennent, on en aura la confirmation, le général Youness a été assassinée, comme cela se passe très souvent dans les mouvements de rébellion, par une cellule dormante de Kadhafi (…) Cela veut dire que l’ennemi a des tueurs infiltrés jusque dans les villes libérées” finit-il par lâcher. BHL se montre en tout cas confiant pour l’avenir de la Libye et des lendemains démocratiques : “Je ne dis pas que ce sera facile, je ne dis pas que nous aurons une démocratie ‘churchillienne’ demain matin, mais bien sûr qu’elle est possible. Ce serait désespérant franchement de penser qu’un pays est condamné, par je ne sais quel décret naturel, à la servitude et à la tyrannie“. Bernard-Henry Lévi conclut en affirmant que des négociations se poursuivent entre les rebelles et” les gens de Tripoli qui n’ont pas de sang sur les mains, d’ex-lieutenants de Kadhafi, des technocrates, des gens qui savent faire fonctionner un Etat“.
Le bluff du camp Kadhafi?
Mais d’autres négociations avant union auraient lieu entre la famille Kadhafi et les islamistes radicaux eux aussi impliqués dans la rébellion, avance le New York Times, après avoir interrogé le fils du colonel, Saïf al-Islam qui se proclame comme étant le meneur de ces discussions. Cette alliance aurait pour but de prendre à revers les libéraux qui ont initié la révolte : “Ils fuiront ou seront tués” annonce froidement le fils du guide libyen au journal. Il qualifie les islamistes radicaux comme étant “la vraie force présente en Libye (…) Je sais que ce sont des terroristes, des personnes sanguinaires. Ils ne sont pas ‘bons’. Mais il n’y a pas d’autre choix que de les accepter“. Les islamistes radicaux “tombent les masques, ils ont décidé de se débarrasser des anciens militaires (qui ont rejoint la rébellion) et des libéraux pour prendre le contrôle des opérations” poursuit le fils Kadhafi, semblant adhérer à la rumeur impliquant les islamistes dans la mort du général Youness. Saïf al-Islam réfute en tout cas toute idée de partage du pouvoir -”partager ? mais avec qui?“- et prévient que dans les jours à venir, alors que beaucoup se montrent sceptique sur une telle alliance, un communiqué commun entre le clan familial et les islamistes viendra confirmer sa version des faits.
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