La Corée du Nord prête à renoncer à l’arme nucléaire ?
Le désarmement nucléaire de la Corée du Nord pourrait bientôt devenir concret annonce la BBC. Pyongyang aurait fait part de son envie de se rassoir à la table des négociations après avoir pourtant mis fin brutalement aux discussions en 2008. Depuis 2005 et la signature d’un accord entre les Etats-Unis, la Chine, le Japon, la Russie et la Corée du Sud, ces cinq pays avaient ouvert le dialogue avec le régime de Kim Jong-il, proposant l’arrêt du programme d’armement nucléaire de ce dernier en échange d’une aide au développement.
Bonne volonté au Nord ?
La Corée du Nord s’est montrée dernièrement très active sur le front diplomatique. Récemment c’est le vice-ministre aux affaires étrangères, Kim Kye Gwan, qui s’est rendu aux Etats-Unis afin de rencontrer Stephen Bosworth, délégué de Barack Obama pour la Corée du Nord. Une discussion a été menée par les deux camps, abordant la question du nucléaire mais aussi, de manière plus générale les relations entre les deux pays, au point mort depuis plusieurs années. La Corée du Nord aurait annoncé son intention d’entamer son processus de désarmement le plus rapidement possible. Des déclarations bien prises en compte par la Maison Blanche, sans pour autant crier victoire note Global Security Newswire. Le porte parole s’est contenté d’évoquer “des discussions constructives” entre les deux camps tout en gardant un point de vue très neutre. Les paroles pleines de bonne volonté de la part de Pyongyang doivent être prises avec précaution pour nombre de puissances internationales parmi lesquelles bien évidemment la Corée du Sud, toujours officiellement en guerre avec son voisin. Seule une trêve décidée en 1953 a mis temporairement fin au conflit. Les regains de tensions entre les deux pays ont depuis été fréquents.
Le Sud scéptique ?
Il suffit de remonter à 2010 pour retrouver la trace d’un énième affrontement entre “les deux Corée”. En mars la Corée du Nord avait officiellement été tenue responsable d’avoir torpillé, à l’aide d’un sous marin, un navire sud-coréen provoquant la mort de 46 marins. S’en était suivie une longue période d’intimidation et de menaces entre les deux camps. En novembre 2010 la Corée du Nord franchira à nouveau les limites en bombardant une île appartenant au pays voisin, causant la mort de 4 personnes. Pyongyang continue aujourd’hui encore à nier de tels faits.
Selon un diplomate envoyé à l’ONU par la Corée du Sud, le gouvernement de Kim Jong-Il jouerait un double jeu et n’aurait aucune intention de renoncer aux armes nucléaires, tout en espérant obtenir l’aide étrangère en assurant par contre que Kim Jong-il quitterait le pouvoir… Qui reviendrait sûrement à l’un de ses fils. Des conditions intolérables pour la Corée du Sud dont le diplomate résumait la situation par une formule toute simple : “Trompe moi une fois, honte à moi, trompe moi deux fois honte à toi (…) Nous avons été déçus et frustrés. Nous ne répèteront pas les mêmes erreurs“. Autrement dit, tout le monde reste très méfiant quant à la bonne volonté affichée par la Corée du Nord.
Méfiance, le maître mot qui convient aussi visiblement au Japon selon CBS. Selon un rapport du ministère de la Défense du pays du soleil levant, la Corée du Nord développerait une nouvelle gamme de missile de moyenne portée, qui serait capable d’atteindre le territoire américain de l’ile de Guam (à environ 5000 kilomètres de Pyongyang). Le Japon pointe aussi du doigt les essais nucléaires nord-coréens qui restent d’actualité et que le pays considère comme une menace significative.
De son côté, la Chine, partenaire historique de la Corée du Nord se montre beaucoup plus avenante, invitant les USA, le Japon, la Corée du Sud et la Russie à “mesurer l’opportunité d’aller les uns vers les autres et de travailler ensemble à la reprise des négociations entre les six pays“.
Imprimer cet article












Laissez-votre commentaire!