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Aung San Suu Kyi a rencontré un ministre birman

27 juillet 2011 1 780 lecture(s) Aucun CommentaireBuzzer cet article !

C’est à l’intérieur d’un hôtel de Rangoon, qu’Aung San Suu Kyi, porte drapeau de l’idéologie démocratique en Birmanie a pu rencontrer des officiels du gouvernement en place annonce la BBC.  La discussion entre l’ancienne prisonnière politique et le ministre du Travail Aung Kyi a eu lieu lundi 25 juillet et aura duré environ un heure. L’occasion d’aborder des thèmes comme la constitution birmane ou bien encore les moyens à mettre en Å“uvre pour “surmonter les divisions au sein du peuple” selon les dires du ministre, prononcés lors une déclaration publique en compagnie de son interlocutrice. Ce n’est pas la première fois qu’Aung San Suu Kyi et Aung Kyi ont eu l’occasion de se parler, ce dernier, était en effet chargé d’établir le lien entre la junte birmane et la militante démocrate à l’époque où cette dernière était assignée à résidence. Il s’agit toutefois de la première rencontre officielle depuis qu’Aung San Suu Kyi a été “libérée” et que la junte a laissé la place au nouveau gouvernement civil (qui reste composé en partie de membres de la junte…).

Pression américaine ?
Il est à noter que ces discussions entre les deux camps surviennent à peine un mois après un avertissement lancé par le gouvernement à l’encontre de la démocrate, lui demandant de s’écarter de ses activités politiques. Une requête à laquelle Aung San Suu Kyi fait la sourde oreille, préférant continuer à parcourir le pays et à s’entretenir avec la presse et les diplomates du monde entier. Cette rencontre a été saluée par Ban Ki Moon, le secrétaire général de l’ONU, qui espère que cette entrevue en amènera de nouvelles, selon un communiqué officiel de l’ONU. Pour certains, le récent passage en Asie d’Hilary Clinton n’est pas étranger à cette rencontre soudaine, Aung San Suu Kyi n’ayant été prévenue de son entretien avec le ministre que la veille,  le dimanche 24. Présente au forum de l’ASEAN ( Association des nations de l’Asie du Sud-Est) la  secrétaire d’Etat américaine avait publiquement appelé les pays asiatiques à aider à promouvoir la démocratie en Birmanie rappelle Jakarta Globe.

Echange de “bons procédés”
D’un autre côté, certains restent sceptiques quant à l’intérêt de cette rencontre et les véritables intentions que pourrait avoir le gouvernement birman en organisant cette entrevue. “Si le ministre reprend les conversations avec elle, c’est que le régime souhaite obtenir quelque chose de la communauté internationale, notamment des États-Unis et de l’Union européenne” affirme Renaud Egreteau, spécialiste de la Birmanie à l’Université de Hong Kong, cité par La Croix. Le gouvernement civil chercherait en fait à obtenir la fin des sanctions économiques que lui imposent les USA et l’Europe, qui de leur côté réclament depuis longtemps la libération de plus de 2000 prisonniers politiques détenus dans les geôles birmanes.

L’icône d’un peuple
Aung San Suu Kyi est un symbole de la liberté en Birmanie. Elue démocratiquement à la présidence de son pays en 1990, elle voit son accès au pouvoir refusé par la junte militaire déjà au pouvoir à l’époque avant d’être placée en détention surveillée jusqu’en 1995. Durant sa détention, elle a reçu le prix Nobel de la Paix, le prix Sakharov et le prix Rafto, venant récompenser son combat pour les droits de l’Homme. Ne renonçant pas à ses convictions et refusant de quitter le territoire birman, elle est une nouvelle fois arrêtée en 2003, après avoir échappé de peu à un assaut militaire fomenté par la junte, tuant ou blessant nombre des partisans d’Aung San Suu Kyi. Suivront alors 6 années d’assignation à résidence pour la militante, dont le sort vaudra de nombreuses mobilisations de la part de la communauté internationale. Elle sera finalement libérée le 13 novembre 2010 après d’énièmes pressions de la part de l’Union Européenne et des pays voisins de la Birmanie. Aung San Suu Kyi sera néanmoins interdite de se présenter aux élections la même année. En réponse, une partie de la population décidera de boycotter le scrutin, permettant le “triomphe” du Parti de la solidarité et du développement de l’Union, mis en place par la junte militaire birmane, mais qui se considère comme un gouvernement civil.

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