Afghanistan : Vers un retrait total des militaires français en 2014
“Pour la France, nous retirerons un quart des effectifs globaux, d’ici fin 2012, soit mille hommes. Nos effectifs restants seront concentrés en Kapisa”. La déclaration est de Nicolas Sarkozy, lors de son discours du 12 juillet sur la base militaire de Tora en Afghanistan. Le président, au lendemain de la mort d’un militaire français, le 64ème depuis le début du conflit, s’est rendu sur place pour une visite imprévue afin de saluer les soldats français et les féliciter pour leur travail : “En assumant cette mission, avec nos Alliés et les forces afghanes, vous, soldats français, vous empêchez que les terroristes se servent de ce pays comme base d’attaque. Vous empêchez qu’ils déstabilisent toute la région et menacent la sécurité de l’Europe. Vous défendez des valeurs humanistes universelles. Vous êtes fidèles à l’esprit de ceux qui étaient là , dans les années 80, aux côtés des Afghans. Vous faites que la France est digne de son histoire et de ses responsabilités de membre permanent du Conseil de Sécurité de l’ONU. Vous renforcez les alliances de la France en combattant avec vos camarades de la coalition, venus des Etats-Unis et de 47 autres pays du monde”.
Un retrait commun
Après 10 ans de conflit, Nicolas Sarkozy annonce le retrait progressif des troupes avec, dans un premier temps, le retrait d’un quart des effectifs d’ici un an et demi puis la totalité d’ici 2014. “Les autorités afghanes seront alors pleinement responsables de leur pays. Il faudra que tous les pays de la région s’engagent clairement à respecter l’indépendance et la souveraineté de l’Afghanistan” a ajouté le président. Une décision dont Alain Juppé, ministre des Affaires Etrangères, s’est fait l’écho ce matin sur France Info : “Nous nous engageons (au retrait des troupes ndlr) en cohérence avec nos alliés, puisque les Américains ont annoncé tout récemment qu’ils retiraient 33 000 hommes d’Afghanistan, c’est à dire le quart du dispositif qui est sur place et donc, en accord avec eux, (…) nous avons engagé ce processus. Nous l’avions annoncé déjà en décembre dernier à Lisbonne lorsque nous avions expliqué que nous allions transférer la responsabilité de la sécurité dans les provinces au fur et à mesure (…) aux troupes afghanes.” Et le ministre d’ajouter que la région où se trouve l’armée française, le district de Surobi, est désormais “sûre“, “le moment est donc venu de passer le flambeau aux troupes afghanes que nous avons nous même formées“. Le même processus sera engagé plus tard dans l’autre région qui bénéficie de la présence française, la Kapisa.
Le président Karzai en deuil
Dans le même temps, on apprenait l’assassinat de Ahmed Wali Karzai, demi-frère du président afghan, Hamid Karzai. Il aurait été abattu à son domicile par l’un de ses gardes du corps. Ahmed Wali Karzai n’était pas seulement un membre de la famille du président, il était aussi l’un des hommes les plus puissants du pays car à la tête du conseil de la province de Kandahar. Ses activités n’en étaient pas moins troubles, il était soupçonné d’avoir des liens étroits avec le trafic de drogue. Les circonstances de la mort d’Ahmed Wali Karzai restent pour le moment mystérieuses. Si certains évoquent une violente dispute entre les deux hommes, qui aurait mal tourné, les talibans annoncent être derrière le meurtre. Un de leurs membres se serait adressé à la chaine d’information qatarie, expliquant que l’assassinat du demi-frère du président par Sadar Mohammed était un plan élaboré “il y a longtemps“. Des déclarations à prendre avec des pincettes selon les experts, les talibans n’hésitant pas à s’attribuer des agissements dans lesquels ils ne sont pas impliqués.
Le président Karzai a immédiatement pris la parole pour exprimer sa douleur : “Mon jeune frère a été martyrisé dans sa maison aujourd’hui. Ainsi va la vie pour tous les Afghans, j’espère que ces drames, auxquels toutes les familles doivent faire face, cesseront un jour“.
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C’est une bonne chose qu’une partie des soldats français partent, je trouve qu’il était temps.
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