Affaire DSK : Un tournant décisif ? Les réactions des politiques
Les accusations envers DSK seraient-elles sur le point de s’effondrer ? Il y a de fortes chances, à en croire le New-York Times, qui annonce ce matin que la crédibilité de la victime présumée serait fortement entamée, au sein même du bureau du procureur Cyrus Vance junior. Les enquêteurs chargées de l’affaire auraient découvert des liens entre la femme de chambre et un possible trafic de drogue. Depuis le début de l’affaire, elle se serait d’ailleurs entretenu plusieurs fois au téléphone avec un homme, incarcéré après avoir été arrêté en possession de près de 200 kilos de marijuana. Elle aurait, moins de 24 heures après les faits, discuté avec ce prisonnier, des “profits” qu’elle pourrait tirer “à maintenir son accusation“. Ce même homme aurait ces deux dernières années, fait partie d’un petit groupe de personnes qui aurait déposé de fortes sommes d’argents sur le compte de la jeune femme (on parle de 100 000 dollars au total) via des virements venant de plusieurs états américains (New-York, Pennsylvanie, Arizona, Georgie). On parle aussi des onéreuses factures de téléphones que paierait la femme de chambre tout les moins, pour pas moins de cinq abonnements différents. Elle réfute, clamant qu’elle n’aurait qu’un seul téléphone et que les dépôts sur son compte étaient faits par son prétendu fiancé et ses amis.
Le bureau du procureur semble donc être dans le flou. Une audience innatendue se tiendra aujourd’hui à 17h30 et permettra d’en apprendre plus sur la suite des évènements. Si les enquêteurs semblent maintenir qu’il y a bel et bien eu un rapport sexuel entre les deux personnes, en raison de traces ADN, les conditions du rapport seraient à redéfinir. Il est très probable que dans un premier temps, l’assignation à résidence de Dominique Strauss-Kahn soit levée. S’il ne pourrait toujours pas voyager à l’étranger, au moins pourrait-il circuler librement sur le sol américain. Cette levée de l’assignation à résidence serait en tous les cas un signe que les graves accusations à son encontre ne tiennent plus que par un fil.
En France, les réactions sont nombreuses. Côté PS, on s’exprime en tant “qu’amis de DSK”. Invité sur France Inter ce matin, le député Jean-Marie Le Guen évoque “une joie immense (…) un cauchemar qui semble se dissiper“.
Martine Aubry “espère de tout coeur que la justice américaine établira dès ce soir toute la vérité et permettra à Dominique de sortir de ce cauchemar” quand Pierre Moscovici parle de “nouvelle incroyable“. Michèle Sabban revient sur les rumeurs de “manipulations” qui deviennent “plausibles” selon elle, avant de demander “qu’on suspende le processus des primaires pour qu’on puisse lui laisser un temps de parole“, comme si DSK était déjà lavé de tous soupçons et prêt à se (re)mettre en selle pour 2012n annonce 20 Minutes. DSK le retour ? Le dépôt des candidatures se terminant le 13 juillet rien n’est moins sûr (d’où la demande de Michèle Sabban). Mais certains jugent la perspective de revoir Strauss-Kahn en jeu très prématurée. Il est “trop tôt” pour Lionel Jospin. Benoît Hamon a coupé court en annonçant que la suspension du calendrier des primaires “n’est pas à l’ordre du jour” rapporte Libération.
Au centre et à droite on se fait plus discret sur la question. Jean-Louis Borloo, invité sur I-Télé ce matin est résté mesuré, mais semblait entrapercevoir un avenir politque pour DSK, notant qu’il avait “démissioné du FMI, mais pas rendu sa carte du PS“. A l’UMP, Bernard Debré qui avait sans doute été le plus virulent à l’encontre de Dominique Strauss-Kahn annonçait par téléphone aujourd’hui avoir “été trop vite” avoir “surréagit” en expliquant que si la victime présumée a bel et bien menti, elle aurait “trompé tout le monde“.
Bruno Le Maire, ministre de l’Agriculture, sur Europe 1 “en tire deux leçons. La première, c’est que l’on parle toujours trop et trop vite. Et les mêmes qui, hier, criaient haro sur Dominique Strauss-Kahn vont crier haro sur la justice américaine ou sur le procureur. Moi, je m’en tiendrais à ma ligne de conduite depuis le début dans cette affaire, c’est-à -dire d’attendre que la justice américaine fasse toute la lumière dans cette affaire“. François Fillon a préféré botter en touche, depuis l’Inde où il se trouve actuellement, demandant “d’attendre sereinement que la justice américaine fasse son travail“.
Enfin, interrogée par France Soir, Marine Le Pen considère qu’il ne peut pas revenir : “la candidature de Dominique Strauss-Kahn reste décrédibilisée. Il n’avait aucune chance et ça ne change rien. Je le dis avec autant de facilité qu’il était présenté comme mon meilleur adversaire et je regrette mon meilleur adversaire. Mais franchement, il ne peut pas revenir. Je ne le crois pas“.
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