Mort à Colombes, le Taser refait polémique
Un clandestin Malien de 38 ans est mort dans la nuit de lundi à mardi à Colombes après avoir reçu deux décharges de Taser lors de son interpellation. D’après Le Monde, le ministre de l’intérieur Brice Hortefeux a déclaré lors d’une conférence de presse mardi matin, que les policiers auraient été “contraints” d’utiliser le pistolet à pulsions électriques.
Le ministre de l’intérieur a également indiqué qu’une double enquête judiciaire et administrative, confiée à l’inspection générale des services (IGS ou “la police des polices”) a été ouverte, et une autopsie a été ordonnée. “J’attends les conclusions de l’enquête pour prendre toutes les mesures qui s’imposent” a-t-il déclaré. Selon lui, les policiers ont eut à faire à un individu “extrêmement agressif (…) qui faisait, semble-t-il, l’objet d’une obligation de quitter le territoire français.”
Selon des sources policières, les officiers sont intervenus lors d’une dispute entre le clandestin et la personne qui l’hébergeait. L’homme a menacé la police avec un marteau avant d’être touché par une première décharge électrique qui n’a pas suffit à l’immobiliser car il tente par la suite de s’échapper par les escaliers. La seconde décharge l’immobilise et permet aux policiers de ligoter l’individu aux pieds, avant de le faire descendre par l’ascenseur. L’homme aurait souffert d’une crise cardiaque fatale en arrivant au rez de chaussée.
Dans un rapport publié par Amnesty International, les pistolets Taser “sont capables d’envoyer des décharges électriques de 50000 volts qui paralysent les personnes touchées. La victime est paralysée durant quelques secondes et s’écroule par terre. Elle reste consciente mais impuissante, ce qui permet aux Forces de l’ordre de la maîtriser.” Le rapport souligne tout de même un réel danger avec plus de 300 morts recensées aux Etats-Unis et au Canada entre 2001 et 2008, et proclame que “l’usage du Taser est lié à des mauvais traitements et au recours excessif à la force.”
Si le lien entre la mort du clandestin et les dangers du Taser n’a pas encore été clairement établi, l’incident révolte un grand nombre de personnes au sein des partis de gauche ainsi que le relate Le Parisien : «Il est scandaleux que cette arme, vendue comme «pistolet antibavures par excellence» ou encore à «létalité réduite» se trouve une nouvelle fois au coeur de la polémique», a déclaré Ian Brossat, président du groupe PCF/PG au Conseil de Paris. « Nous n’attendrons pas ses conclusions de l’enquête pour demander dès maintenant que la dangerosité de cette arme soit, enfin, officiellement reconnue et son usage remis en cause»
Face à une nouvelle polémique du Taser, Brice Hortefeux, pour qui une interdiction n’est pas envisagée, ne mâche pas ses mots: “L’alternative, c’est l’arme à feu”.
Zapping réalisé par lesinfos.com lors de la polémique qui opposait Taser à Olivier Besancenot en 2008
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