Le bitume nouveau scandale sanitaire ?
Un nouveau scandale comparable à l’amiante est-il sur le point d’éclater ? le 12 avril s’est ouvert à Bourg-en-Bresse (Ain), le procès de la société Eurovia. Un de ses employés, épandeur de bitume de profession, est décédé en juillet 2008 d’un cancer de la peau. Sa famille engage la responsabilité de la société dans cette maladie mortelle.
C’est un procès sans précédent qui s’est ouvert hier au tribunal de Bourg-en-Bresse. D’un côté la famille de Francesco Serrano, épandeur de bitume pendant 20 ans et décédé d’un cancer de la peau en juillet 2008, à l’âge de 56 ans. De l’autre côté, la société Eurovia qui employait monsieur Serrano, accusée par la famille de ce dernier d’être responsable de sa maladie.
Car selon sa famille et leur avocat, Me Jean-Jacques Rinck, c’est le bitume qui a rendu malade Francesco Serrano. Ce dernier n’aurait jamais eu de protections suffisantes fournies par l’entreprise, pour éviter toutes conséquences néfastes à une exposition permanente à ce produit issu du mélange d’hydrocarbures. C’est d’ailleurs pour cela qu’ils demandent à ce que la société Eurovia soit condamnée pour “faute inexcusable” relève le quotidien régional Le Progrès. A la sortie du procès, la veuve de M. Serrano ajoutant : “Nous ne sommes pas là que pour lui, nous voulons dire aux autres ouvriers qui travaillent sur les chantiers de prendre leurs précautions pour que cela ne se reproduise pas”
En mettant le bitume au centre des débats ainsi que le manque de protections fournie aux ouvriers, certains n’hésitent pas à parler d’un procès comparable à celui de l’amiante. Pour rappel, le scandale de l’amiante avait démarré dans les années 90. Largement utilisée dans le bâtiment pour les constructions, ces minéraux à texture fibreuse qui la compose ont été reconnus comme dangereux, non pas seulement pour les ouvriers, mais aussi pour tout le reste des populations. L’amiante est aujourd’hui considérée comme étant une substance cancérigène. De nombreux procès ont eu lieu et nombre d’employés atteints de maladies, souvent respiratoires, dues à l’amiante on été indemnisés. Beaucoup de bâtiments publics ont été, ou sont encore, en cours de désamiantage. Parmi eux, le campus universitaire de Jussieu à Paris, qui avait été l’un des premiers lieux à alerter l’opinion publique sur les risques de l’amiante.
Me Rinck dénonce ainsi, sur le même modèle, “les multinationales concessionnaires des autoroutes, qui fournissent à leurs employés une paire de gants - et une casquette -, quand ils travaillent sur les autoroutes du Sud de la France” rapporte Le Point, des protections qui seraient bien insuffisantes. Pour autant l’hebdomadaire ajoute que l’avocat ne se fait pas trop d’illusions quant au verdict de ce procès : “Une modeste famille d’immigrés portugais affronte un géant des autoroutes : le combat est inégal”.
Réponse le 10 mai prochain, date à laquelle le tribunal a mis le jugement en délibéré. En tout cas si Eurovia, filiale de Vinci, venait a être condamné, la décision risquerait de faire grand bruit.
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Et si nous parlions des usines de fabrication d’asphalte pour l’étanchéité dont le bitume est chauffé à plus de 220 °C, le rendant encore plus nocif que celui destiné aux enrobés routiers ?
Exemple, l’usine installée sur la commune du Crès (Montpellier, 34) et qui a fonctionné impunément pendant 40 ans sans filtres ! Ce n’est que depuis 1 an, sous la pression d’un collectif d’association “Pollution le Crès” qu’une tour de lavage des fumées a enfin été installée.
Que dire des effets sur la santé des riverains qui ont respirés les fumées de l’usine pendant plusieurs dizaines d’années ?
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