Journée mondiale contre la cybercensure : RSF liste les ennemis du net
Vendredi 12 mars, journée mondiale contre la cybercensure. A cette occasion Reporters Sans Frontières dévoile sur son site web une liste des “ennemis du net” et dresse un bilan de la situation.
Les plus belles heures de l’expression libre sur internet sont terminées à en croire Reporters Sans Frontières. Si le développement des sites de partage de vidéos et plus récemment l’explosion des réseaux sociaux (Facebook, Twitter etc.) ont donné des possibilités quasi infinies de s’informer, la situation ne va malheureusement plus en s’améliorant. “Il n’est désormais plus question de laisser le contrôle du cyber-espace aux voix discordantes.Censure de contenus politiques ou sociaux grâce aux derniers outils technologiques, arrestations et intimidations de net-citoyens, surveillance omniprésente et fichage destinés à mettre en danger l’anonymat des internautes : les gouvernements répressifs sont passés à l’acte” annonce RSF dans un communiqué sur son site. Un communiqué publié en même temps qu’un dossier sur les ennemis du net.
Des cyber-citoyens derrière les barreaux
Dépassés il y a de cela quelques mois encore les gouvernements les plus stricts ont refait leur retard en matière de contrôle du net, et s’exprimer librement pour les ressortissants de certains pays est devenu un véritable sacerdoce, qui bien souvent fini par une arrestation et une condamnation à la prison. Champion toute catégorie en matière d’arrestation de bloggueurs et de “cyber-citoyens”, la Chine avec 72 détenus, devant le Viêt-Nam et l’Iran annonce RSF. Et les journalistes ne sont pas non plus épargnés par le phénomène, l’organisation prend l’exemple du Yemen qui détient 4 acteurs de la presse dans ses prisons, pour s’être exprimés un peu trop librement sur le web.
La menace du filtrage
RSF veut aussi alerter l’opinion publique sur le filtrage d’internet, un procédé de plus en plus utilisé, empêchant l’accès à certains sites pour des raisons souvent très floues, ou surveillant les internautes qui justement fréquentent des sites surveillés. Il est par exemple impossible d’accéder à Youtube pour un habitant de la Turquie. Resporters Sans Frontières, s’inquiète de ce filtrage qui gagne du terrain même dans des pays censés être libres. Les membres de l’association dénoncent par exemple la négociation de l’accord ACTA à l’échelle internationale. Un accord “destiné à lutter contre la contrefaçon, négocié de manière confidentielle, sans consultation des ONG et de la société civile. Il pourrait instaurer des mesures potentiellement liberticides telle l’instauration d’un système de filtrage non soumis à une décision de justice.” ACTA concerne la plupart des grandes puissances mondiales.
Un modèle nordique ?
Un coup de chapeau est tout de même tiré aux pays scandinaves, comme la Finlande qui a fait de l’accès à internet pour tous une de ses priorités. Un récent décret vient d’être adopté, faisant en sorte qu’au 31 juillet 2010, tous les foyers finlandais aient un accès internet de minimum 1mégabit/seconde. Une connexion qui sera poussée à  100 mégabit/seconde d’ici 2015. En Islande, le parlement étudie actuellement “l’Icelandic Modern Media Initiative”, une mesure garantissant aux habitants de l’ile une totale transparence et indépendance de l’information. “l’Islande deviendrait un paradis cybernétique pour les blogueurs et les citoyens journalistes’ en cas d’adoption, précise le communiqué.
Imprimer cet article












Laissez-votre commentaire!