Huis clos sur le net : twitter, facebook et le reste…
Ils étaient cinq journalistes pour mener une petite expérience. Enfermés dans une maison au beau milieu du Périgord, ils ne se sont informés que par les sites des réseaux sociaux de l’internet. Les premières conclusions de l’opération “Huis clos sur le net” tombent.
5 journalistes francophones, deux français, un belge, un québécois et une suisse se sont enfermés lundi et ce, durant cinq jours, dans une ferme au fin fond du Périgord, pour mener une expérience bien curieuse. Une expérience sur l’information vis-à -vis des réseaux sociaux. Peut-on s’informer correctement ? Comment appréhende-t-on l’information lorsque l’on ne peut accéder qu’à Facebook et Twitter ? Quelles informations ressortent le mieux?
Benjamin Müller, qui faisait partie des journalistes “isolés”, est revenu sur cette expérience sur le site internet de France Info, où il travaille habituellement. Il en tire trois conclusions: Premièrement :un réseau comme Twitter permet de transmettre une information d’un bout à l’autre de la planète avec une rapidité folle. Il est aisé de faire suivre une information et ainsi former une chaîne d’informateurs qui relaieront la nouvelle partout: “Vous assistez à un accident de voiture. Vous le racontez à cinq de vos amis. Chacun le raconte à cinq de ses amis qui eux-même le racontent à cinq de leurs amis etc.” Toutefois rien n’est non plus vérifiable concernant la véracité de l’information de base.
Seconde conclusion, un réseau social annonce un fait, mais ne l’explique pas. “Les médias traditionnels nous manquent pour comprendre et décrypter l’actualité qui nous parvient” assure-t-il, prenant les exemples des récents propos de Georges Frêche. On lira sur Facebook ou Twitter qu’il a tenu des propos antisémites. Un média classique reviendra sur le contexte, le personnage etc.
Enfin le journaliste admet une hiérarchisation de l’information différente. De façon purement factuelle, il constate que, sur Twitter ou Facebook, les échanges houleux entre MAM et Brice Hortefeux étaient bien plus présents que la grève de la SNCF. A l’inverse sur un JT de TF1 ou de France 2, la grève occupait une place prépondérante.
La conclusion revient toutefois à Janic Tremblay de Radio Canada, lui aussi intégré à l’expérience. Il confie à la RTBF qu’il est aujourd’hui impératif pour les médias traditionnels de se faire une place sur les réseaux sociaux. “Les médias qui occupent le terrain sont ceux qui réussissent à s’approprier les réseaux sociaux”. Pour lui le web 2.0 marque une évolution importante et les journalistes doivent s’habituer à ne plus être les seuls à détenir l’information aujourd’hui.
Le 29 janvier dernier Lepost.fr était revenu sur les enjeux de cette expérience :
“Huis clos sur le net” décrédibilisera t’il Twitter ?
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