IDénum: un projet d’identité numérique qui inquiète
Le 1er février dernier, Nathalie Kosciusko-Morizet présentait le projet gouvernemental IDénum. La secrétaire d’Etat à l’économie numérique souhaite s’attaquer à  l’identité numérique en créant un label qui, selon elle, facilitera l’accès et l’utilisation du web. Cependant, la centralisation des données inquiète et pose la question du piratage.
IDénum, ou comment en finir avec une multitude d’identifiants sur Internet? Ce nouveau label prévoit de créer une identité numérique afin de centraliser les identifiants et diverses données personnelles utilisés par une personne sur le web. L’internaute pourra ainsi au travers d’un téléphone, d’une clé USB ou d’une carte à puce, se connecter et s’identifier facilement à des sites comme La Poste, les banques… Aux oubliettes pseudonymes et mots de passe en tout genre, chacun pourra désormais se créer “une identité numérique multiservice”. De plus, IDénum pourra également permettre de remplir et signer automatiquement certains formulaires électroniques (impôts, Sécurité sociale, Pôle emploi, banque…). Un gain de temps qui n’est parfois pas négligeable.
Attention au piratage !
Même si Nathalie Kosciusko-Morizet défend un projet qui est, pour elle, “non seulement plus sécurisé mais plus simple“, IDénum est loin de faire l’unanimité. Dans un entretien avec le NouvelObs, Aurélien Boch, un des dirigeants de la ligue Odebi, explique: “le gros problème c’est la centralisation des données. Si les données sont centralisées, elles sont d’autant plus piratables puisque toutes réunis au même endroit. Avec un tel système, un pirate peut récupérer tous les mots de passe d’un seul coup, aussi bien les mots de passe pour carte bancaire que pour Internet”, précise-t-il. Pour lui, “la simplification des démarches n’est qu’un prétexte populiste défendu par des gens qui ne sont pas au fait des technologies de sécurité informatique”.
La ligue Odebi pointe également du doigt la place du gouvernement dans l’établissement d’un tel projet. Aurélien Boch craint “des magouilles et compagnie. Vu que l’État va offrir ce marché à quelques sociétés, il sera ensuite très facile pour un procureur (soumis à la Garde des Sceaux, donc au gouvernement) d’exiger un accès aux mots de passe d’une personne”.
Mais rien est encore fait. Un premier prototype sera présenté au deuxième semestre de cette année pour une mise en oeuvre effective prévue en 2011.
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