Racisme : Suisse, Grèce et République Tchèque montrées du doigt
La commission européenne contre le racisme et l’intolérance (Ecri) publie aujourd’hui trois nouveaux rapports sur le racisme, l’antisémitisme, l’intolérance et la xénophobie. En ligne de mire de ces études, trois états membres du Conseil de l’Europe: la Suisse, la Grèce et la République Tchèque.
Suisse : des discours politiques qui dérangent
Pour l’Ecri, la montée en puissance du parti populiste Union Démocratique du Centre (UDC) dans la Confédération helvétique joue un rôle prédominant dans la hausse du racisme dans les discours politiques. Arrivé en tête des élections législatives en 2007, le parti s’est retiré de la coalition gouvernementale deux mois plus tard après l’éviction de son chef Christoph Blocher de son poste de ministre de la Justice. Pour le comité d’experts des 47 pays membres du Conseil d’Europe, “Les attaques répétées des membres de l’UDC contre les droits fondamentaux des étrangers et contre l’interdiction du racisme et de la xénophobie ont conduit à un profond malaise dans la société suisse”. Si le rapport reconnaît une hausse de la volonté politique d’intégrer les étrangers, ces derniers subissent toujours de nombreuses discriminations, jusqu’à l’interprétation même de la loi. Plusieurs discothèques ou restaurants ont ainsi pu refuser l’entrée de leur établissement à certains clients « ex-Yougoslaves » ou « ressortissants des Balkans ». A l’accusation de racisme, les tribunaux ont répondu qu’il ne s’agit pas de groupes ethniques à proprement parler.
République Tchèque : les Roms principales victimes
Les principales victimes de violences racistes en République Tchèque sont issues de la communauté Roms. Une situation qui s’amplifie avec la diffusion de discours politiques ou médiatiques discriminatoires à l’égard cette population. Comme le souligne l’Ecri, « des responsables politiques aux niveaux national et local ont tenu des propos contre les Roms qui ont fait l’objet d’une large publicité ». Evoluant dans un climat extrêmement négatif à leur égard, les Roms se heurtent à des difficultés de logement, d’emploi et d’éducation. Ils semblent pris au piège d’un cercle vicieux alimenté par l’attitude de certaines autorités locales. Des efforts sont faits par le gouvernement pour améliorer leurs conditions de vie et leur intégration, mais les effets de ces mesures restent à ce jour limités. Pour la commission européenne contre le racisme et l’intolérance, si le nombre de crimes violents inspirés par la haine tend à la diminution, la vigilance reste de mise en République Tchèque où l’on note une intensification de l’activité de l’extrême droite. Le rapport relate même la création par un parti issu de cette mouvance d’un groupe paramilitaire en uniforme.
Un spot publicitaire anti-Roms retiré des antennes Tchèques
Grèce : des progrès encore trop timides
Depuis le précédent rapport de l’Ecri, réalisé en 2004, la Grèce a fait de nombreux progrès pourtant, cinq ans après plusieurs points restent préoccupants. Le dispositif législatif interdisant l’incitation à la haine raciale reste peu appliqué, plusieurs médias et hommes politiques peuvent encore impunément stigmatiser des Juifs, des Roms ou des migrants. L’absence d’information et d’assistance dans les procédures judiciaires explique le faible nombre de plaintes déposées. Plusieurs minorités à l’instar de la communauté Roms restent confrontés à de nombreuses difficultés matérielles et d’importantes questions se posent quant à la liberté d’association de personnes appartenant à certains groupes ethniques, à l’instar des Macédoniens. Autre point noir identifié par l’Ecri, la prise en charge et le traitement des réfugiés, demandeurs d’asile ou immigrés.
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