USA: cachez ces fesses que l’on ne saurait voir
par Barbara Klein/France USA Media/Ben Franklin PostÂ
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Dans de nombreux pays du monde occidental, la mode est la même : les jeunes ont adopté le style du pantalon « baggy » c’est-à -dire porté très en dessous de la taille, de façon à laisser apparaître ses dessous. La tendance n’a pas épargné le pays du puritanisme, mais aux Etats-Unis cela finit par poser problème. Plusieurs villes ont jugé la tenue indécente, au point de vouloir l’interdire.
Julius Hart ne se doutait pas qu’une ballade à vélo en bord de mer pouvait se terminer au poste de police. Pourtant en septembre dernier, le jeune homme de 18 ans a bien passé une nuit en prison et payé une amende de 150 dollars pour avoir porté son pantalon trop bas, en exposant au regard de tous quelques centimètres de ses sous-vêtements. L’incident s’est produit à Riviera Beach, Floride, une ville de 37 000 habitants qui, à l’appel de leur maire, avaient approuvé quelques mois auparavant à 72% une ordonnance déclarant la tenue illégale. « Nous souhaitons vivement améliorer l’image de notre ville » expliquait alors Matthew Russell, maire et pasteur baptiste.
Julius Hart est le seul individu à avoir été poursuivi. Il vient de plaider sa cause devant un tribunal et, aidé de son avocat qui a brandi des photos de David Beckham et du Prince Harry dans la même tenue que son client prétextant que les jeunes qui adoptent le style baggy ne faisaient que suivre des modes véhiculées par les célébrités, a finalement été blanchi. Au nom du 14ème amendement de la Constitution américaine, la justice a conclu qu’il était illégal d’interdire la tenue, même si certains la trouvaient de mauvais goût.
Une dizaine d’autres villes aux Etats-Unis ont tenté de la même façon de bannir le baggy de leurs trottoirs, mais toutes ont échoué. Dans l’état de New York, Patricia McDow, conseillère municipale de Yonkers a proposé l’an dernier un arrêté visant à interdire la tenue dans les lieux publics. « Imaginez la scène, explique-t-elle, vous marchez dans la rue et vous êtes derrière un individu qui porte son pantalon bien au-dessous de la ceinture… Du coup vous avez vue sur sa paire de fesses… Ce n’est pas très reluisant, c’est même plutôt offensant. Et le problème à mes yeux vient du fait que ces jeunes gens sont tellement habitués à cette mode, qu’ils se rendent à un entretien d’embauche dans la même tenue ! Ce n’est vraiment pas approprié ! Je ne peux pas tolérer ça ! »
Pour Patricia McDow, il s’agit de redonner des valeurs à la jeunesse. Sa démarche tient également à rappeler que de la mode du baggy vient de l’univers pénitentiaire où, lorsque l’on confisque aux détenus leur ceinture pour éviter qu’ils ne se pendent avec, les pantalons ont de fait tendance à glisser un peu… Autrement dit rappeler l’origine de cette mode revient à signifier aux adolescents que s’ils doivent se choisir des modèles, autant prendre exemple sur d’autres individus que des malfrats incarcérés…
Un argument inacceptable pour la majorité des adolescents rencontrés à la sortie des cours : « Ça veut dire qu’on est un criminel si on porte son pantalon bas…demande l’un deux, c’est ridicule… Il ne faut pas voir les choses comme ça ! C’est juste une mode ! ». « Quand on achète un nouveau jean, il est un peu serré, explique un autre, et je ne veux pas le porter trop haut sinon j’ai l’air ridicule, alors je tire un peu dessus comme ça… » « Cela m’est complètement égal de savoir que cette mode vient des prisons, rétorque un dernier. C’est ma culture de porter mon jean comme ça, un point c’est tout ».
Le projet d’arrêté de Patricia McDow proposait une amende ou des travaux d’intérêts généraux pour les récalcitrants, mais il n’a jamais été adopté. « La question est très délicate, conclut Faith Jenkins avocate à Manhattan, car pour certains légiférer sur le baggy revient à discriminer la communauté afro-Américaine, plus nombreuse à avoir adopté cette mode véhiculée par les stars du rap. Mais il faut voir les choses en face : les noirs représentent 12% de la population américaine mais 44% de la population carcérale. Je pense qu’il est grand temps que notre société s’attaque aux modes vestimentaires, à la culture musicale et à tout ce qui, de près ou de loin, peut aider à améliorer cette situation.»
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© France USA Media-Barbara Klein-19-5-2009
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