Remaniement: les sortants grimacent et les entrants sourient
Après des semaines de rumeurs et de conjectures sur l’ampleur du remaniement, le président de la République a fini  par trancher, en renouvelant son gouvernement, avec l’entrée de 8 nouvelles têtes, qui remplacent 8 sortants, et beaucoup de mouvements internes. Le changement est donc plus ample qu’attendu, seuls les départs de Michel Barnier de l’agriculture et de Rachida Dati de la justice, pour cause d’élection au Parlement européen, étant techniquement nécessaires.Â
Mais Nicolas Sarkozy a voulu tenir compte des défaillances récurrentes de certains membres du gouvernement et profiter du succès de son camp aux européennes.
D’abord, il conserve François Fillon à Matignon, preuve que l’attelage lui convient et qu’il fonctionne correctement.
Il a aussi gardé à leurs postes quelques piliers de son équipe, avec lesquels on le disait parfois fâché: Christine Lagarde à l’Economie, Jean-Louis Borloo à l’Ecologie, Bernard Kouchner aux Affaires étrangères. Ceux-là respirent. Ensuite, Sarkozy bouge Michèle Alliot-Marie de l’Intérieur à la Justice, pour succéder à Dati, preuve que MAM demeure une valeur sûre… et obéissante. Elle est remplacée au ministère de l’Intérieur par l’ami fidèle du président, Brice Hortefeux, qui n’a pourtant pas fait grand chose au ministère du Travail.
Ce poste au ministère du Travail et des Relations sociales est confié à Xavier Darcos, qui quitte donc le ministère de l’Education nationale, lequel sera occupé désormais par Luc Chatel, qui prend du galon, puisqu’il reste aussi porte-parole du gouvernement. Bon technicien, Bruno Le Maire, passe des affaires Européennes à l’Agriculture, poste toujours très européen. Quant à Rama Yade, elle reste au gouvernement malgré ses bourdes, mais elle devra s’occuper, non plus des Droits de l’homme mais… des Sports.
Avec l’entrée de Frédéric Mitterrand à la Culture, Sarkozy fait un pied de nez aux socialistes, et avec celle de Michel Mercier, trésorier du Modem de François Bayrou, il affaiblit encore son opposant centriste.
Bref, Sarkozy enfonce le clou, divises ses opposants, joue l’ouverture. Il peut meme se payer le luxe de faire entrer un nouveau symbole de la diversité, Norra Berra, comme pour remplacer le “symbole” Rachida Dati.
Les sortants, eux, sont tout déconfits, tels Christine Albanel, virée de la Culture pour ses maladresses dans l’affaire de la loi Hadopi, Christine Boutin, expulsée du ministère du Logement où elle n’a pas fait de miracle, son “ami” Roger Karoutchi, qui pensait avoir sauvé sa tête pour le ministère des relations avec le Parlement, ou Yves Jego, qui espérait avoir fait preuve d’assez d’élan pour éteindre l’incendie des Dom-Tom. Las! A la veille du voyage présidentiel aux Antilles, cette éviction a des allures de camouflet… Quant aux obscurs Bernard Delaporte ou André Santini, presque inexistants dans leurs postes (Sports et Fonction publique) et menacés par quelques affaires judiciaires, mieux valait les écarter prudemment. Au nom du principe de précaution…
Voilà la liste des sortants
 Christine Albanel, Rachida Dati, Michel Barnier, Roger Karoutchi, Christine Boutin, Yges Jego, Bernard Laporte, André Santini
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Les entrants sont :
-Nora Berra (personnes âgées)
-Christian Estrosi (industrie)
-Henri de Raincourt (relations avec le Parlement)
-Marie Luce Penchard (outre-mer)
-Pierre Lellouche (affaires européennes)
-Michel Mercier (espace rural et aménagement du territoire)
-Frédéric Mitterrand (culture)
-Benoist Apparu (logement et urbanisme)
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