La loi sur les femmes chiites afghanes sera-t-elle supprimée?
Le président afghan Hamid Karzaï a annoncé que le ministère de la Justice était en train de réviser la loi controversée sur le statut des femmes chiites considérée par certains comme rétrograde et légalisant le viol conjugal.
Vers une révision de la loi
Lors d’une conférence de presse avec le Premier ministre britannique Gordon Brown à Kaboul, le président afghan Hamid Karzaï a assuré que le ministère de la Justice était en train de réviser la loi controversée sur le statut des femmes chiites.
Ce texte, qui concerne la minorité chiite “hazara” - soit environ 15% de la population totale - stipule que les épouses doivent satisfaire les besoins sexuels de leurs maris et leur demander l’autorisation pour sortir de chez elles, sauf pour aller travailler, apprendre ou se faire soigner.
Des femmes courages
Sous les huées et les jets de pierres, une centaine de femmes avaient défilé après l’annonce du texte à Kaboul pour demander le retrait de la loi autorisant de fait le viol conjugal chez les chiites. Malgré les insultes lancées par des hommes : «mort aux espionnes», «esclaves des chrétiens», elles ont repris leur marche. Au bout de trois kilomètres, les manifestantes sont arrivées au Parlement afghan où elles ont déposé une pétition demandant le retrait de la loi.
Les réactions à l’international
Hamid Karzaï avait promulgué il y a quelques mois ce texte, qui a suscité un tollé dans les pays occidentaux et a été qualifié d’”odieux” par le président américain Barack Obama à Strasbourg lors du Sommet de l’Otan. «Nous comptons sur le retrait de ce projet de loi. Il faut que tout le monde en Afghanistan ait le droit de vivre en toute liberté», avait ajouté Angela Merkel, la chancelière allemande.
Le Parlement européen avait demandé à son tour, vendredi 24 avril, la révision du projet de loi sur le statut personnel des femmes chiites en Afghanistan, qui les oblige à satisfaire les besoins sexuels de leurs maris. Les députés européens avaient estimé que ce texte n’était pas conforme “au principe d’égalité entre hommes et femmes tel qu’il figure dans la constitution afghane et les conventions internationales”.
Le président Hamid Karzaï, qui avait signé le texte, a accepté de le renvoyer au ministère de la Justice pour que celui-ci vérifie sa conformité avec les engagements souscrits par Kaboul au plan international.
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