Antennes-relais : le grenelle sur les ondes
La table ronde qui s’ouvre jeudi 23 avril au ministère de la Santé a pour objectif de répondre à l’inquiétude des Français sur les dangers éventuels de la téléphonie mobile sur la santé. Même si les procédures judiciaires se multiplient et que certains ont réussi à faire plier quelques antennes relais, l’affaire n’est pas mince. Mais les riverains ne se font aucune illusion, le gouvernement a déjà fait savoir qu’il ne reconnaîtra pas la nocivité des antennes relais sur la santé publique.
Ces dernières semaines, les tribunaux ont condamné Orange, SFR et Bouygues Telecom à démonter des antennes relais. Et les procédures se poursuivent, l’association Robin des toits vient de déposer une vingtaine de plainte. Certains riverains, se plaignant de maux de tête, ont demandé le démontage d’antennes ; mais selon Orange, elles « n’ont jamais fonctionné ».
Il s’agit de faire le point sur une situation troublante. Pour cela, Roselyne Bachelot, ministre de la Santé, ainsi que Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d’Etat en charge de l’Economie numérique, et Chantal Jouanno, qui lui a succédé au secrétariat d’Etat à l’Ecologie, ouvrent aujourd’hui une table ronde sur le thème « Radiofréquence, santé environnement ». Seront également présents une quarantaine de représentants d’opérateurs, de collectivités locales, d’associations, de syndicats, d’élus et de pouvoirs publics. Mais certains participants, comme Janine Le Calvez, la présidente de l’association Priartem, regrettent déjà l’absence de scientifiques, sans eux « il n’y aura pas de débat ! ».
Les associations de riverains ne se font donc aucune illusion. « Les conclusions sont déjà écrites », dénonce Etienne Cendrier, porte-parole de Robin des toits. Une allusion à la lettre de mission envoyée à Roselyne Bachelot dans laquelle le Premier ministre, François Fillon, écrit que « l’hypothèse d’un risque pour la santé pour les populations vivant à proximité des antennes relais ne peut être retenue ».
La principale revendication des associations est d’abaisser le seuil d’exposition maximal aux ondes des antennes à 0,6 volt par mètre, alors que celui recommandé aujourd’hui par Bruxelles est de 41 à 61 volts par mètre. « C’est totalement irréaliste », a déclaré l’Association des opérateurs mobiles. « Pas un seul réseau dans le monde ne fonctionne sous un tel seuil». Le gouvernement ne défend pas non plus la baisse de ce seuil. « Cela reviendrait à accréditer l’idée qu’il y a un risque potentiel, ce qu’aucune étude scientifique ne prouve », explique-t-on à l’Elysée
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