EDF aurait espionné Greenpeace depuis 2004
Contrairement à ce qui était avancé la semaine dernière, EDF aurait espionné l’ONG Greenpeace depuis 2004, et non depuis 2006. L’entreprise française aurait également étendu son espionnage aux branches européennes de l’ONG, ainsi que le présente le dossier judiciaire dont le site Médiapart aurait eu connaissance.
Surveillance informatique et infiltration
EDF est en mauvaise passe. Le site d’information Médiapart révèle aujourd’hui, 16 avril, le contenu du dossier judiciaire sur l’affaire d’espionnage de Greenpeace, faisant état de détails accablants. EDF aurait, selon le site, signé en 2004 deux contrats avec l’officine privée Kargus Consultants, chargée de la « veille stratégique » sur les activités anti-nucléaires. Mis en examen pour « complicité d’intrusion informatique », Pierre François, responsable de la sécurité chez EDF, aurait expliqué aux juges que cette surveillance consistait en deux actions simultanées : “une veille informatique web complétée par du travail sur le terrain, assister aux réunions, assister aux manifestations de ces mouvements, être présent en cas de crise, prendre la température de ces organisations”. En d’autres termes, en outre d’une simple surveillance informatique, les agents de Kargus auraient infiltré Greenpeace.
Un espionnage à échelle européenne
Pierre François aurait de plus ajouté, toujours selon Médiapart, avoir eu accès aux données d’autres branches européennes de Greenpeace « en Belgique, en Espagne, peut-être en Grande-Bretagne, disons en Europe. Un dossier qui nous avait intéressé, un dossier sur l’uranium dans le monde. »
Egalement mis en examen, le patron de Kargus aurait déclaré au juge que le piratage informatique aurait été fait « à l’instigation d’EDF. Connaissant mon passé dans les services de renseignement, il m’a été demandé si je pouvais rentrer dans les systèmes informatiques de Greenpeace. C’est M. François qui me l’a demandé (…) Cela ne pouvait pas être légal ».
Le recours de Greenpeace
L’ONG aurait demandé au ministre de tutelle, Jean-Louis Borloo, de suspendre Pierre Gardonneix, PDG d’EDF, et « de mettre en place une commission indépendante d’évaluation de l’industrie nucléaire en France ».
De son côté, EDF, qui avait nié depuis le début son implication dans cette affaire, s’était portée partie civile, demande qui a été jugée irrecevable par le parquet de Nanterre.
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