OTAN : soixante ans et la France dedans
Le sommet de l’Otan a commencé le 3 avril à Strasbourg. La guerre en Afghanistan, les relations avec la Russie, le choix du nouveau secrétaire général, l’entrée de l’Albanie et de la Croatie sont au programme pour le sommet du 3 et 4 avril à Strasbourg et Kehl en Allemagne. Pour son soixantième anniversaire, l’Alliance atlantique s’interroge sur son avenir.
Mais ce qui marque le soixantième anniversaire de l’Otan c’est la réintégration de la France dans l’Alliance atlantique qu’elle avait quittée il y a maintenant 43 ans sous l’initiative du Général de Gaulle. Pour Nicolas Sarkozy, il s’agit tout simplement de mettre fin à une anomalie. Depuis quinze ans, la France est l’un des principaux contributeurs qui œuvrent les opérations de l’Alliance en Bosnie, au Kosovo et en Afghanistan. « On engage la vie de nos soldats, mais nous ne participons pas au comité qui définit les objectifs de l’Otan », avait expliqué le président.
Avec cette réintégration, les représentants de Paris vont de nouveau siéger au Comité des plans de défense, mais ne réintègreront pas le Groupe des plans nucléaires afin de maintenir la totale autonomie de la France en matière nucléaire. La participation financière de la France, qui jusque là s’élevait à 145 millions d’euros, va augmenter de 80 millions d’euros.
L’Alliance atlantique n’a plus rien à voir avec celle du traité de Washington de 1949. Depuis la fin de la guerre froide les menaces ne sont plus les mêmes. Dorénavant, le grand défi est l’élaboration, dans les prochains mois, d’un nouveau concept stratégique. A Washington, on réfléchit à une extension des missions à la gestion des crises régionales et au maintien de la paix. Mais la défense collective demeure la priorité de l’Otan.
La capitale alsacienne est sur pied de guerre avec 10 000 policiers et gendarmes qui quadrillent la ville. L’espace aérien est contrôlé, les cours d’eau sondés et les plaques d’égoûts sont scellés sur les itinéraires des cortèges. La ministre de l’Intérieur, Michèle Alliot Marie, a évoqué le « risque terroriste majeur » ainsi que le risque lié aux violences éventuelles en marge du contre sommet, qui doit réunir plusieurs dizaines de milliers de personnes.
A l’occasion du soixantième anniversaire de l’Otan, Arte diffusera un documentaire d’Hubert Dubois, « Otan : machine de guerre, machine de paix ». Le documentaire traite des nouveaux défis auxquels se trouve confrontée l’organisation et pose la question de savoir si l’Otan est un outil au seul service des Etats-Unis.
Diffusion : 3 avril, 20 h 45.
voir également notre vidéo: la France va-t-elle perdre son indépendance?
et notre article sur la lettre manuscrite de De Gaulle de mars 1966.
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